Nous voici bloqués en Guadeloupe pour au moins un mois. Certains m’ont dit qu’il y avait pire que la Guadeloupe pour patienter. C’est bien vrai !
Nous négocions avec la marina afin de pouvoir rester soit à quai, soit sur une bouée, la durée de notre escale. Nos équipiers avertis du contretemps s’organisent et pour notre plus grand bonheur reprogramment leur séjour à bord de Free Vikings ; et ils vont pouvoir nous rejoindre avec leur compagne.
Philippe installe le nouveau guindeau tout neuf, et histoire de rigoler un peu, en profite pour faire tomber l’ancre désolidarisée de la chaine à l’eau ; ce qui nous vaut l’intervention d’un plongeur. Nous envoyons notre radeau de survie en révision. Free Vikings est nettoyé de fond en comble, les lessives se succèdent. Philippe découvre au cours d’un rangement qu’il avait une pompe à gasoil de rechange et la met en place pour remplacer la défectueuse, qui nous obligeait à pomper pendant plusieurs minutes afin de démarrer le moteur.
Nous prenons contact avec Françoise et Roland qui passent l’hiver dans leur appartement à Sainte-Anne. Nous passons de bons moments avec eux lors de repas à bord ou chez eux, ou des parties de baignades sur les belles plages du Sud ou à Port-Louis. Ils nous promènent en voiture au Nord de Grande-Terre où nous visitons à Petit Canal, le site en mémoire de l’esclavage près de la petite église et du joli port de pêche ; et à Morne à l’eau nous découvrons l’étonnant cimetière peuplé de tombeaux aux tailles de maisonnettes, tous quadrillés de noir et blanc. Nous découvrons Saint-François et sa jolie Marina bien abrité derrière la barrière de corail.







Le 26 février débarque Daniel, notre fidèle équipier, accompagné de Myriam son épouse qui profite de notre escale pour venir faire un peu de tourisme à terre.
Nous décidons de leur faire découvrir Marie-Galante et embarquons aussi Françoise et Roland. Nous voilà partis le 28 février, avec un moteur qui démarre au quart de tour, décidés à affronter les alizés au moteur pour rejoindre Saint-Louis de Marie-Galante. A peine arrivés dans le chenal le moteur émet des ratés et finit par caler, Philippe plonge dans la machine ! Encore un problème avec la pompe à gasoil ! L’a-t-il mal montée ? Est-elle défectueuse ? Les conjectures vont bon train à bord. Retour au mouillage tant bien que mal avec un moteur qui cale souvent. Nouveau départ après quelques réglages, nouvelle panne, retour au mouillage. Les trois hommes passent l’après-midi à mettre en place la nouvelle pompe, commandée en France et que Daniel a amenée dans ses bagages, puisque nous ne savions pas (ou avions oublié) que nous en avions une à bord.
Le 1er mars nouveau départ matinal vers Marie-Galante avec des alizés qui s’établissent assez forts. Nous avons le vent à 45 degrés avec un peu de génois et un moteur qui fonctionne bien . La traversée est un peu rocky mais se passe bien et rapidement, nous arrivons au mouillage à temps pour l’apéro !


Nous trouvons à louer une voiture pour 6 personnes et nous voilà partis pour une découverte pour certains, re-découverte pour les autres, des distilleries Père Labat, Bielle, Bellevue… Nous déjeunons dans un sympathique restaurant sur la plage.





Nous passons une seconde journée à Marie-Galante que nous apprécions tous beaucoup pour son authenticité et sa tranquillité. Tranquillité toute relative en ce jour de Mardi gras, où nous pouvons admirer le défilé du carnaval de Saint-Louis ; c’est l’évènement de l’année ici !




Le retour à Pointe à Pitre le 4 mars, poussés par une bonne brise, sous génois est bien agréable. Nous retrouvons une place à quai à la Marina Bas du Fort.
Nous marchons jusqu’au centre de Pointe à Pitre jusqu’à l’attraction locale, le marché aux épices, devrais-je dire, le marché aux touristes, situé non loin du débarcadère des navires de croisière qui font escale régulièrement ici. La ville n’est pas entretenue, les immeubles et maisons coloniales sont décrépites rendant cette cité plutôt triste. Est-ce voulu ? Nous visitons le Mémorial Act, musée qui retrace l’histoire de la Guadeloupe et en général des Antilles françaises, histoire marquée par la période de l’esclavage.


Nous partons découvrir les quelques attractions guadeloupéennes avec une voiture de location. La magnifique Pointe des Châteaux à l’extrême Est de Grande-Terre reçoit de plein fouet la houle atlantique.
La partie Ouest de l’archipel : Basse-Terre, est bien plus riche et pimpante que Grande-Terre. Nous prenons la belle Route de la Traversée qui, comme son nom l’indique, traverse d’Est en Ouest Basse-Terre et sa magnifique forêt tropicale, qui nous rappelle celles de Grenade, la Dominique ou Tobago. Nous marchons un peu dans la forêt à la Cascade des Ecrevisses ou à Morne à Louis. Nous déjeunons au bord de l’eau sur les plages abritées de la côte sous le vent à Malendure.
Nous visitons une plantation de café : le Domaine de Vanibel où une très sympathique guide nous explique toute la difficulté de la culture caféière qui redémarre sur l’île. Cette culture développée dans le temps, puis remplacée par la canne à sucre plus rentable, est devenue plutôt anecdotique malgré les efforts de quelques passionnés qui tentent de lui redonner de l’essor.



Une escapade au Nord de Basse-Terre nous conduit au charmant village de Deshaies que nous connaissons bien pour avoir souvent mouillé dans sa baie. Nous visitons le joli jardin botanique et déjeunons sur la plage dans un restaurant un peu tristounet mais qui nous régale d’une fricassée de chatrou (met local à base de poulpe).




Nous nous baignons sur une des belles plages abritées par la barrière de corail au Nord-Est de Basse-Terre et visitons la jolie petite ville de Sainte-Rose et son port de pêche. Décidément Basse-Terre est bien charmante !


Le 6 mars le voilier nous livre notre grand-voile avec une semaine d’avance, quelle bonne surprise ! Nous l’installons avec son aide et elle tombe bien, tout paraît correct. Il ne nous reste qu’à fignoler quelques réglages. Je vous recommande Tony de Gwada Yacht Service : outre sa réactivité, son contact bien sympathique, il est de parole et travaille bien.


Le 10 mars Myriam nous quitte pour retourner en Métropole, non sans avoir dégusté une langouste, tous ensemble, la veille au soir. Merci de ta visite, et finalement merci à la grand-voile qui l’a permis !



En conclusion notre séjour en Guadeloupe a été bien agréable, un peu long au début où nous n’avions qu’à attendre, puis les évènements se sont accélérés et nous n’avons finalement pas vu le temps passer ! Le plaisir de retrouver Françoise et Roland, l’arrivée de Myriam et Daniel, la découverte de l’île que nous ne connaissions pas complètement, les rencontres sur le ponton 6, citons, Eric et Bernadette, et François ; et enfin Pascal et Véronique, l’équipage de Félicity que nous avons retrouvé avec plaisir 6 ans après.
Nous fignolons encore pendant 2 jours les préparatifs : rangement de l’annexe, installation du régulateur d’allure, remplacement de drisses et d’écoutes défectueuses, avitaillement avec l’aide Françoise et Roland, mise en place de protections anti-usure sur certaines drisses, vidange moteur, remise en service du téléphone satellite (et ce n’est pas une sinécure, les logiciels de transfert des fichiers grib sur l’ordinateur changent tout le temps ! – Nous résistons pour ne pas passer à Starlink), etc…


L’équipage est prêt pour un départ pour Cuba le 13 mars.






















