Key West est une station balnéaire branchée, la vie y est très chère. Je disais que nous nous payions le luxe d’une place à la Marina de Key West, car les prix sont exorbitants comme partout aux USA, mais surtout en Floride. Le tarif minimum est entre 4 et 5 $/pied/nuit. Vous comprenez pourquoi on privilégie plutôt les mouillages, ou les emplacements sur bouée dont les tarifs sont plus abordables. Le mois de mars est la pleine saison, et il y a un monde fou. Après des pays plutôt simples et pauvres, nous avons regagné le temple de la consommation. Dans les rues commerçantes du centre-ville, les magasins de vêtements, de souvenirs, d’articles de mer prolifèrent, ainsi que les bars. Ces derniers sont très fréquentés surtout ce soir de la Saint-Patrick, où il est coutume de se déguiser couleur locale, et de boire de la bière au son de la musique country. Même les coqs, qui se baladent partout en ville, vont boire un coup au bar !







En dehors du centre-ville très animé, la ville est très agréable et plutôt calme avec ses rues perpendiculaires où se côtoient de jolies petites maisons colorées et de belles propriétés, le tout noyé dans une végétation tropicale luxuriante. La marina elle-même est très agréable avec ses quais en bois, entourées de bars et de jolies bâtisses en bois. Les pélicans attendent tous les jours le retour des pêcheurs amateurs, au cas où il y aurait une chute à ramasser sans effort.









Notre escale de quatre jours à la marina est très laborieuse. En dehors des habituels ravitaillements, et lessives nous devons nous occuper des réparations du bateau. Philippe prend contact avec des fournisseurs, revendeurs de pièces pour le pilote et le joint. Peut-être arriverons nous à nous les faire livrer dans un délai raisonnable ? Nous allons rejoindre nos amis Denise et Olli qui habitent Jacksonville, ce qui nous fait une adresse d’expédition. Nous remplaçons nos quatre batteries qui ont 4 ans et donnent de sérieux signes de faiblesse. J’ai dû être très persuasive car Philippe voulait les faire durer jusqu’à notre retour, pour installer un parc de batteries au lithium. Chose qui ne me paraissait pas très raisonnable. L’énergie est un des nerfs de la guerre en navigation ! Le lithium attendra !



Le 20 mars nous quittons la sympathique marina de Key West après avoir fait le plein de gasoil, ce qui nous permet d’admirer un lamentin qui paresse au fond du port. Nous entreprenons une remontée des Keys vers le Nord par petites étapes d’une vingtaine de milles. Les deux premières étapes se font tranquillement au près par une jolie brise du Nord-Nord-Est. Nous empruntons le « Hawk Channel », chenal parfaitement balisé qui permet de naviguer dans des profondeurs de 5 à 10 mètres sur le haut fond qui se prolonge au Sud et Sud-Est des Keys à l’abri de la houle de l’Atlantique. Nous longeons les impressionnants ponts qui relient les Keys entre eux Nous croisons une grosse tortue qui flotte entre deux eaux, et quelques dauphins, peu amicaux dans le coin ! Nous croisons de gros yachts qui ne s’embarrassent pas de ralentir et nous ballottent avec leur sillage. Nous mouillons à l’abri d’îles ou des Keys elles-mêmes. A Key Loïs le premier soir ou à Long Key le troisième soir, nous sommes tous seuls et pouvons profiter de belles baignades au calme. Le deuxième soir le mouillage de Key Boot se trouve à l’entrée d’une marina. Comme nous sommes dimanche, il faut supporter les allées et venues de toute sorte de blaireaux aux commandes de jet-skis ou bateaux à moteur divers et variés : mais surtout très motorisés, qui passent à fond dans le mouillage sans ralentir. Heureusement le soir tout le monde rentre au port et nous passons une nuit tranquille.
Le 24 mars nous mouillons à Key Rodrigez, un grand mouillage assez fréquenté, nous nous enfonçons dans la baie et passer une nuit tranquille un peu plus isolés et abrités que les autres. Merci le dériveur ! Le 25 mars après une étape un peu plus longue moitié à la voile, moitié au moteur nous arrivons dans Biscayne Bay, la grande baie au Sud de de Miami où nous allons nous abriter au Sud derrière Cap Florida. Le site est joli avec vue sur le Down Town de Miami.
Le 26 mars nous quittons Biscayne Bay au lever du soleil ; nous nous engageons dans le « Strait of Florida », détroit qui sépare la Floride des Bahamas, où s’engouffre le Gulf Stream générant un courant jusqu’à 4 à 5 nœuds vers le Nord ; nous comptons bien en profiter cette fois ! Toute la journée nous naviguons au près par une petite brise qui combinée au courant nous pousse à la vitesse de 6 à 7 nœuds, parfois plus. Nous ne sommes pas dans la veine le plus intense du courant, mais le vent nous empêche de faire plus de l’Est. Nous devons même tirer un bord pour nous écarter de la côte.

Bord tiré à 90 °du précédent, c’est à souligner ! Car si le dériveur a des avantages dans les zones peu profondes et au vent portant, ses performances sont très médiocres au près. Habituellement nous tirons de bord à 120 °. Merci le courant ! Nous continuons notre remontée vers le Nord poussés par le Gulf Stream. Nous longeons cette côte plutôt moche de la Floride où se succèdent les villes avec leurs lots de gratte-ciel.

Le vent tourne à l’Est puis au Sud-Est ce qui ralentit un peu le bateau, mais tant que le courant nous permet d’avancer, nous nous laissons balloter par la mer un peu désordonnée. A la fin de la nuit nous devons mettre le moteur le vent étant trop tombé et nous arrivons vers 14 heures à Port Canaveral.
Port Canaveral est un grand port qui accueille de nombreux navires de croisières qui déversent leurs touristes pour visiter le site de la NASA de Cape Canaveral. De grande darse permettent à des cargos ou barges, de décharger des livraisons de grosses pièces destinées à la NASA. De petites marinas sont regroupées au fond du port près de l’écluse qui rejoint l’ICW (Intra Costal Waterway). On aperçoit les bases de lancement de la NASA avant d’entrer dans la port.
Lors de notre dernier voyage, il y a 8 ans, nous avions fait escale à Port Canaveral Yacht Club et en avons gardé un très bon souvenir. Nous retrouvons avec plaisir l’accueil très amical des occupants de ce petit ponton d’une cinquantaine de places, géré sous forme associative. Un comité d’accueil vient prendre nos amarres, nous délivrer un petit colis de bienvenue avec des sachets de cookies et des bouteilles d’eau. Ils nous renseignent sur tout ce qu’il a à savoir quand on arrive dans une marina. Nous passons deux jours à Cape Canaveral entre bricolages, courses au supermarché grâce à Uber, lessives, et repas pris au bar du Yacht Club en sympathique compagnie. Il n’est pas rare sur le ponton de se trouver face à un grand héron ou à des pélicans qui ne sont pas farouches du tout














