En arrivant à la Barbade, après une transat, on est récompensé de tous les efforts que demande cette traversée ; cette île est un vrai petit coin de paradis.
Située à une cinquantaine de milles à l’Est de l’arc antillais donc au vent, elle est un peu à part. Il faut s’y arrêter sur le chemin Est-Ouest sinon il faut lutter contre les alizés et la houle de l’Atlantique pour l’atteindre. Elle ne fut pas découvert par Christophe Colomb mais plus tard par un Portugais, D’autre part du fait de sa situation, les péripéties historiques subies par les autres îles qui sont passées des mains des Anglais, au Français, ou aux Espagnols, sans oublier les Néerlandais, ne l’ont pas affectée. Elle a été longtemps sous seule domination anglaise avant son indépendance. Cette histoire finalement assez calme a contribué à sa prospérité. Prospérité, comme ailleurs dans l’arc antillais, acquise par l’exploitation de la canne à sucre, grâce à la main œuvre gratuite de l’esclavage. Avec le tourisme, la canne à sucre reste sa principale ressource, mais tout le monde bénéficie aujourd’hui des bienfaits de cette île riche et relativement peuplée.
Une autre particularité est sa structure géologique. Cette ile n’est pas d’origine volcanique comme l’ensemble de l’arc antillais. C’est un plateau sédimentaire et coralien qui fut poussé en surface par la rencontre des plaques caraïbe et atlantique. D’où son relief relativement plat.
Le tourisme n’a pas non plus détruit l’ambiance caraïbe et les complexes hôteliers et résidentiels assez nombreux sont plutôt discrets. Si la touche british est encore visible, mais la vie a été fortement américanisée par la présence de nombreux touristes venant des Etats-Unis, et notamment les centres commerciaux qui n’ont rien à envier à ceux que nous avons visité en Floride.

Nous arrivons le matin du 1er mars au mouillage de Port Saint-Charles. Cette marina privée dans un complexe résidentiel n’offre pas de place à quai pour les navigateurs de passage, mais un ponton pour les annexes, un quai où faire le plein d’eau ou de carburant et déposer ses poubelles. De plus elle abrite une annexe administrative où nous pouvons faire les formalités d’entrée dans le pays. Après une petite sieste, un bon petit déjeuner, nous gonflons l’annexe et débarquons en fin de matinée pour régulariser notre entrée. Grand bien nous a fait de ne pas nous presser, nous devons encore attendre une demi-heure que l’officier du contrôle sanitaire arrive. Les trois branches, sanitaire, immigration et douane sont réunies dans une même salle et nous passons de bureau en bureau pour déclarer que nous n’avons pas la peste, ni aucune maladie, faire enregistrer nos identités et tamponner nos passeports, et faire notre déclaration douanière ; le tout dans un ambiance bien décontractée. Nous finissons la matinée au Pier One, le bar huppé de la marina pour une bière et un hot-dog bien mérités. Le personnel est très serviable, ils autorisent l’accès à leur ponton sans forcément consommer et nous renseigne sur les divers services dont nous avons besoin.



Il n’y a rien d’autre à la marina et nous devons prendre l’annexe pour rejoindre le village de Speightstown un mille plus au Sud où un ponton pour annexe est aménagé sur la jetée, et où nous trouvons de quoi nous ravitailler, acheter une carte sim locale et faire laver notre linge sale qui s’accumule. L’ambiance au village est très différente de celle de Port Saint-Charles, peuplé de vieux riches américains en vacances. Outre les deux petits supermarchés nous pouvons nous ravitailler en fruits et légumes directement sur les étals des locaux qui vendent leurs produits dans la rue. Les rues sont très animées, nous croisons des enfants en uniforme qui partent ou reviennent de l’école. Des bars se suivent le long de la plage et on peut y venir admirer le coucher de soleil en dégustant du rhum local, si on n’est pas trop incommodé par les couacs des locaux s’adonnant au karaoké, distraction très prisée le samedi soir.







Nous louons une voiture trois jours pour aller visiter l’île. Tout le pourtour, bordé de belles plages est construit et habité. Au centre il reste assez peu de forêts qui ont été détruites au profit de la culture de la canne à sucre. L’île est néanmoins encore très verte, l’eau n’y manque pas et sa pureté participe à la qualité du rhum produit. Nous nous rendons au « Mount Gay Visitor Center » pour découvrir et déguster les spécificités de ce rhum très réputé, qui effectivement vaut les meilleurs rhums martiniquais. Nous allons visiter les « Harrison’s Caves », grottes et rivières souterraines découvertes par Mr Harrison. Le site est très vert au cœur de la forêt, un parcours dans les arbres y a été aménagé, nous y passons un agréable moment.




L’île regorge de jardins botaniques, nous visitons « Andromeda Botanic Garden » et le petit zoo de la « Wild Life Reserve » où se promènent tortues, volatiles divers, un beau paon et des singes en liberté ; et où on peut admirer des aras et des serpents. Nous longeons la côte Est où la houle de l’Atlantique vient déverser ses gros rouleaux sur de belles plages. Nous nous promenons dans « Farley Hill Nationnal Park », où se trouvent les ruines d’un grand manoir détruit par le feu et qui abrite de magnifiques arbres. Savez sous que le nom Barbade vient des arbres présentant des racines lianes qui retombent : les « arbres à barbe » ?





Nous ne pouvions pas manquer de visiter également Bridgetown la capitale. Cette petite ville portuaire est très commerçante. Outre une rue piétonne envahie d’étals divers et variés et de boutiques, on y trouve les enseignes des grandes marques présentes dans toutes les escales des bateaux de croisière, et Bridgetown en est une. De belles constructions de style colonial britannique sont en parfait état, d’autres moins. La ville est très animée et bruyante et les espaces de calme sont rares, autour de Careenage la petite rade qui abrite un port de plaisance pour bateaux à moteur de pêche sportive.






Nous restons une dizaine de jour à La Barbade pour nous reposer et réparer les petites avaries de la transat. Le vit mulet est reposé avec cette fois rivets pop et vis dans des écrous rivetés. La poulie de rail de tangon remplacée. La drisse de grand-voile qui s’est encore fortement usée en tête de mât est coupée, raccourcie de la longueur usée, nous allons finir par devoir la remplacer ! Philippe doit encore se battre avec le moteur d’annexe qui ne carbure pas bien et nous a obligé à revenir de Speightstown un soir à la rame ! Cochonnerie de mécanique ! Nous pouvons néanmoins bien profiter de belles baignades avec snorkeling sur les rochers voisins où nous admirons de beaux poissons de toutes les couleurs, de beaux couchers de soleil … Nous faisons connaissance avec Suzanne et Yvan sur « Abracadabra », un couple de jeunes haut-savoyards rencontrés à Mindelo qui sont arrivés à Port Saint-Charles quelques jours après nous, un peu dégoutés de tous les problèmes qu’ils doivent résoudre sur un bateau acheté un mois avant le départ et peu préparé.
Notre escale à La Barbade s’achève, nous levons l’ancre demain vers Tobago…













