Le 29 mars nous quittons le Port Canaveral Yacht Club pour, tout d’abord, passer le « Port Canaveral Bridge » qui s’ouvre à notre demande, puis en traversant le « Barge Canal », nous empruntons l’écluse pour rejoindre l’ICW qui serpente dans d’Indian River. Les pélicans sont toujours là pour commenter les manœuvres d’accostage dans l’écluse.




La Nasa est au centre de la vie de toute cette région au Nord de Cape Canaveral. Nous avons la chance d’assister à deux lancements. Le premier soir de notre remontée vers la Nord nous faisons escale à Titusville située juste à la même latitude que les bases de lancement. Nous sommes surpris à 17 heures d’entendre une grosse détonation semblable à un gros coup de tonnerre et de voir s’élever dans le ciel une trainée de fumée avec à sa tête un point brillant qui disparait à toute allure dans le ciel. IL s’agit d’une petite fusée de Space X qui envoie un satellite. Le 1er avril (non ce n’est pas un poisson !) nous mouillons notre ancre à Daytona Beach une centaine de kilomètre plus au Nord et comme tout le monde dans la région attendons le tir d’Artemis II. Nous sommes surement trop loin pour entendre le bruit du tir ou il s’est noyé dans les bruits ambiants, mais nous voyons très nettement un gros point brillant et lumineux s’élever dans le ciel et également disparaitre à une vitesse vertigineuse. C’est cette vitesse qui nous a le plus impressionnés.


L’ICW regorge d’une faune abondante. Les oiseaux sont les plus visibles : cormorans, pélicans, les échassiers divers et variés. De nombreux lamentins vivent dans ces eaux très limoneuses, si bien qu’on ne les aperçoit que lorsqu’ils font surface pour respirer : un gros dos noir se montre rapidement à la surface et replonge aussitôt. Les dauphins sont très présents et nagent souvent autours des bateaux dans les mouillages. Il y a aussi, parait-il, des alligators, des serpents que nous n‘avons pas rencontrés, je ne m’en plains pas ! Un matin nous assistons à une chasse d’une multitude cormorans qui semblaient poursuivre un banc de poissons autour du bateau.


L’ICW serpente dans divers plans d’eau naturel : l’Indian River, le Mosquito Lagoon, l’Halifax River, la Matanzas River qui sont reliés par des canaux : le « Hauleover Canal », le « Ponce de Leon Cut », le « Fox Cut ». La profondeur y est très faible et il faut vraiment faire attention à bien rester dans le chenal si on ne veut pas voir la dérive se relever toute seule et la sécurité du safran sauter (histoire vécue quand le barreur relâche un peu son attention, eh, eh !). Nous devons trouver des zones un peu plus profondes pour mouiller notre ancre en dehors du chenal lors de nos arrêts. Les zones de mouillages sont bien documentées sur les guides et aménagées souvent près des villes. A New Smyrna Beach nous avons le courage de mettre l’annexe à l’eau et de débarquer au City Dock pour découvrir un peu la ville et manger une glace. Finalement toutes les villes de Floride se ressemblent un peu avec de larges avenues de magasins de babioles, souvenirs, des galeries d’art, quelques bars. C’est un peu mort à partir de 17 heures car tout est fermé, au contraire des grands centres commerciaux (qui sont situés en dehors des villes) ouverts tous les jours et très tard.


Nous passons sous de nombreux ponts qui relient ce patchwork d’iles qu’est la côte de la Floride. Le tirant d’air (hauteur sous le pont) de la plupart a la mesure standard de 65 pieds (20 mètres), ce qui permet aux gros bateaux de passer dessous, même la plupart des voiliers ; d’autres ne dépassent pas un vingtaine pieds (6 mètres) mais s’ouvrent à la demande ou à heures fixes (souvent H et H+30min). On communique avec le personnel qui manœuvre les ponts par VHF sur le canal 09 ; ce sont toujours des échanges très courtois.
La plupart du temps la navigation se fait au moteur, vu l’étroitesse du chenal. Nous naviguons tranquilement afin de pas être assourdis par le bruit du moteur et sommes doublés par de nombreux bateaux, quelques voiliers, maints trawlers (petit bateau à moteur, moitié péniche, très prisé des Americains et parfaitement adaptés à ce type de navigation), des yachts à moteur plus gros. D’énormes barges de transport commercial naviguent également sur l’ICW.




Nous traversons des zones urbanisées comme à Daytona Beach ou à Palm Coast, ou des zones plus sauvages comme dans le Mosquito Lagoon. De magnifiques propriétés sont bâties le long de ces vastes plans d’eau. L’architecture est parfois audacieuse, et même un brin ostentatoire. Même les maisons les plus modestes, vues de loin se révèlent très grandes à notre œil européen.








Le 2 avril nous traversons une zone plus sauvage très jolie et nous arrêtons à la petite Marineland Marina, qui pratique des prix normaux. Une langue de terre étroite sépare l’ICW de la mer à cet endroit et nous pouvons, le soir, aller nous promener sur la plage et tenter une baignade. Mais la mer se révèle bien trop dangereuse, je me contenterai de faire trempette.


Le 3 avril nous parcourons notre dernier tronçon d’ICW avant d’arriver à Sainte-Augustine où nous avons réservé une place sur bouée à St Augustine Municipal Marina, la marina la plus centrale de cette jolie ville, située au pied du « Bridge of Lions ».


Saint-Augustine est une jolie ville historique, la plus vieille ville des USA fondée en 1565 par les premiers émigrants espagnols. La région a été disputée entre les Espagnols, les Français qui avaient accosté plus au Nord et ont été chassés ; et bien sûr les Anglais. Elle a également subit de nombreuses attaques de pirates. L’architecture de la ville a de fortes tendances hispaniques, les vieux quartiers sont préservés et de nombreux touristes la visitent chaque jour. La marina est située en plein centre-ville, ce qui nous donne accès aux nombreux, bars, restaurant, galeries d’art, magasins de souvenirs…








Nous faisons une longue escale à Saint-Augustine ; nous avons réservé notre bouée, jusqu’au 20 avril. Nous passons les weekends chez nos amis Denise et Olli qui habitent Jacksonville à environs 40 km, et partageons avec eux et leur famille de très bons moments.




Nous avons quelques réparations à effectuer, un nouveau problème à résoudre, le safran ne redescend plus, et le mécanicien du bord diagnostique une fuite au circuit hydraulique. Il n’y a pas d’autre solution que de sortir le bateau. La météo n’est toujours pas passée en mode printemps-été les fronts froids continuent à se succéder à un rythme hebdomadaire, amenant des périodes fraiches et ventées, de la pluie et des vents d’Est. Nous devons donc attendre pour envisager une traversée vers les Bermudes. Un rendez-vous est pris pour gruter le bateau dans un chantier à St Augustine à partir du 20 avril et nous allons en profiter pour faire une petite excursion à La Nouvelle-Orléans mais en voiture.


















