Nous passons donc notre première semaine à St Augustine, amarrés à une bouée de la « Municipal Marina », en bricolages divers. La possibilité de remplacer les pièces qui nous posent soucis sur le pilote automatique ou le joint tournant tourne court. Il est impossible de trouver un joint en cotes métriques sur place ; le revendeur NKE du pilote n’a pas les pièces dont nous avons besoin en stock ; et donc, il faut importer les pièces de France. Vu les conditions des tarifs douaniers mises en place par ce cher Donald, c’est mission impossible dans des délais raisonnables et à un coût acceptable. Le joint tournant n’ayant pas bougé, nous décidons d’attendre notre retour pour le changer. Quant au pilote, Philippe a approvisionné des petits potentiomètres pour refaire des indicateurs d’angle de barre maison, et nous ferons avec l’affichage plus que médiocre. Il reste le problème du safran à régler, mais c’est déjà planifié. Nous décidons donc de partir en voiture à New Orléans que nous regrettons d’avoir manqué en bateau.

Nous prenons la route le 13 avril, avec une voiture de location et parcourons les 580 miles (930 km) sur les larges Inter State Roads monotones et relativement fréquentées, notamment par d’énormes trucks, qui vous doublent si vous respectez scrupuleusement la limitation de vitesse à 70 Mph. On a vite fait d’accélérer un peu car c’est vraiment flippant de se faire doubler par ces engins ! Nous arrivons à l’Hôtel de la Monnaie vers 19 heures. L’hôtel est situé à la limite du centre historique, le « French Quater » ou le Vieux Carré. Nous ressortons aussitôt nous imprégner de l’ambiance locale. Nous échouons un peu par hasard, car elle jouxte l’hôtel, dans Frenchmen Street, un rue très animée le soir par de multiples bars et restaurants avec orchestres de jazz. Nous entrons dans un restaurant, un peu au hasard, où nous dégustons une délicieuse nourriture cajun et apprécions les airs de jazz d’un groupe de quatre musiciens formidables, la chance du débutant ! Nous aurons l’occasion de vérifier qu’ils ne sont pas tous aussi bon.


Le lendemain nous partons déambuler dans les rues du Vieux Carré, traversons le French Market, où se faisaient jadis les transactions de tout ce qu’amenait le fleuve Mississippi, formidable voie navigable. La situation de La Nouvelle Orléans en faisait une plaque tournante du commerce de très loin à l’intérieur du pays, vers la mer et les pays étrangers en aval. C’est aujourd’hui un marché touristique et artisanal.


Nous découvrons une statue de Jeanne d’Arc, don de la ville d’Orléans en France et qui est fêtée ici simplement pour honorer la France, car elle n’a historiquement rien à voir avec cette ville, si ce n’est qu’elle a délivré Orléans. Nous prenons un café au renommé « Café du monde ». Nous arrivons au Jackson Square que nous ne pouvons malheureusement pas visiter car il est fermé, un festival de jazz du Vieux Carré a lieu dans deux jours et la ville est en pleine préparation.


Nous passons devant le Cabildo et la belle cathédrale St Louis pour flaner ensuite dans Royal Street, la rue la plus commerçante et la plus typique avec ses balcons en fer forgé. Les rues sont animées par de nombreux orchestres de jazz, la musique est partout. Nous entrons dans les nombreuses galeries d’art, magasins de souvenir et de produits artisanaux.










Nous déjeunons dans un des nombreux bistrots d’inspiration française, et finissons notre journée en visitant « The Historic New Orléans Collection » ; un musée consacré à la ville, à la Louisiane et son histoire. Un musée peut-être un peu fouilli, mais nous ne l’avons surement pas visité dans la bon sens, où la musique locale et surtout Louis Armstrong sont à l’honneur. La bataille pour les droits civiques qui prit naissance dans la région du Sud, y est exposée de façon très complète. Nous découvrons la situation géographique particulière de cette ville construite en dessous du niveau de la mer, sur une base alluviale qui a tendance à s’enfoncer…


Nous rentrons à notre hôtel en flanant sur les quais du fleuve, toujours aussi actif. De nombreux cargos, barges, pétroliers et autres remontent encore le fleuve bien en amont.


Le lendemain nous empruntons un de ces bateaux à aube, de nos jours à propulsion électrique mais anciennement à vapeur, pour une petite croisière où nous pouvons admirer le ville depuis le fleuve.






Nous nous promenons dans l’agréable quartier moderne de la ville en pleine activité.



Nous finissons notre découverte par la visite du « New Orleans Jazz Museum », consacré à la naissance du jazz et à ses innombrables musiciens anciens et modernes. Ce musée est situé dans les anciens locaux de la Nouvelle Orléans Mint, lieu de frappe de Monnaies aussi bien pour les états confédérés, l’éphémère république de Louisianne et enfin l’Union . Nous visitons dans les étages le musée du jazz et y assistons à un concert d’un groupe presque essentiellement feminin.



Le lendemain nous quittons New Orléans pour nous enfoncer un peu dans la Louisianne des plantations et visitons Oak Alley Plantation au bord du Mississippi. Dans ce magnifique jardin nous découvrons la belle demeure construite au temps de l’opulance de ces familles de cultivateurs de cotons, ou de canne à sucre ; gagnée sur la sueur des milliers d’esclaves qui y étaient exploités. Ces belles demeures et familles sont tombées en décadence avec la guerre civile et l’abolition de l’esclavage.




Nous reprenons la route en direction de la Floride, traversons le Mississippi, puis l’Alabama, pour nous arrêter pour la nuit à Navarre Beach à l’Ouest de la Floride. C‘est une station balnéaire avec de magnifiques plages de sable blanc au bord d’un lagune. Dommage que de grands hôtels édifiés en bord de mer déparent un peu le paysage !


De retour à St Augustine, nous profitons d’un dernier weekend avec nos amis avant d‘entreprendre les prochains travaux de réparation…










