Porto Santo

Porto Santo est la première île de l’archipel de Madère que l’on rencontre en arrivant du continent européen. Elle fut aussi la première découverte par un navire qui vint s’y abriter au 15ème siècle au cours d’un tempête, d’où son nom. C’est aussi la seule île de d’archipel à bénéficier de belles plages de sable jaune ; surtout d’une immense plage au Sud ; et c’est pourquoi elle est très prisée des habitants de Madère pour lesquels c’est un lieu de villégiature et de vacances. Tous les jours un ferry fait la liaison entre les deux îles et amène des visiteurs. C’est aussi la première à avoir bénéficié d’un aéroport dans les années 1960 et les touristes (peu nombreux à l’époque) devaient ensuite prendre le ferry pour se rendre sur Madère. L’aéroport est aujourd’hui peu utilisé, délaissé quelques années plus tard par la construction d’un aéroport sur Madère. Il sert encore quand les conditions météo ne permettent pas un atterrissage sur Madère assez délicat.

Il règne sur cette île une atmosphère calme et nonchalante, elle est préservée du tourisme de masse. C’est un magnifique site pour les randonneurs. Pour nous c’est un mélange des Açores pour l’ambiance portugaise et des Canaries pour l’aridité et la géologie. Les courageux colons portugais ont néanmoins tenté d’y faire de la culture, en témoignent les nombreuses constructions de murs pour tenter de retenir la terre volcanique. Les arbres qui poussent sur l’île ont été importés et leurs racines consolidées aussi par la construction de murets.

Une ambiance de village balnéaire un peu désuète règne dans la petite ville de Vila de Baleira. Les cafés sont toujours très fréquentés : le matin par des dames qui se retrouvent pour papoter autour d’un café et dans la soirée par des familles ou des messieurs qui boivent un rafraichissement. Nous visitons le petit musée qui retrace l’histoire de l’île et vante les grands navigateurs portugais qui se sont fait un peu voler la gloire de la découverte par Christophe Colomb, mais qui ont participé activement à l’extension du monde connu aux 16 et 17eme siècles. L’histoire de l’île est imprégnée des luttes des 17 et 18 eme siècles entre les marines espagnole, anglaise et française quand elle n’est pas marquée par les attaques de pirates.

Après une bonne nuit réparatrice, notre première occupation le lendemain de notre arrivée, est de gonfler l’annexe pour aller faire les formalités à la Marina. Nous installons le moteur car un vent bien frais c’est levé et ce serait bien compliqué rejoindre le quai de débarquement en ramant. Nous sommes amarrés assez loin, au fond du port devant l’usine de dessalement de l’eau de mer. Et, nouvel imprévu, le moteur d’annexe refuse absolument de démarrer. Nous sommes damnés ! Après la matinée pendant laquelle Philippe s’acharne dessus sans résultats, je téléphone au bureau de la marina pour leur demander une place à quai, mais ce n’est pas possible avant demain. Je débarque donc à la rame sur un petit quai muni d’une échelle qui se trouve à proximité du bateau. Manœuvre un peu scabreuse, je me demande encore combien de temps je pourrai faire ce genre d’acrobaties ! Le personnel de la marina est très serviable et compréhensif, mais la marina est très fréquentée et nous ne pourrons accoster finalement que deux jours après. Le samedi nous utiliserons donc cette échelle acrobatique pour faire nos courses car le frigo est vide. Le dimanche le vent s’est calmé, nous pouvons aller à terre à la rame et débarquer tout le linge sale à laver. Le lundi matin une place se libère à la Marina et Philippe peut se mettre sérieusement à démonter le moteur d’annexe. Le problème est résolu après une journée de travail à décoller, déboucher toute la tuyauterie pour permettre à l’essence de circuler correctement. Après quelques crachotis encore le moteur tourne maintenant comme une horloge !

Les bateaux en escales à Porto Santo restent souvent plus d’une semaine à profiter de cette escale tranquille et peu onéreuse. Les tarifs longue durée sont vraiment avantageux et c’est moins de 7 € par jour sur bouée. La laverie est gratuite mais très sollicitée, les sacs de linge sale font la queue devant la seule machine qui tourne toute la journée sous la surveillance d’une dame qui est là pour ouvrir et fermer le local et vous montrer comment appuyer sur les boutons. De grandes cordes sont tirées sous un hangar pour faire sécher le linge et c’est un des lieux de rencontre de la Marina avec le bar. Les quais de la marina, comme aux Açores, portent les dessins des équipages et témoignent ainsi de leur passage à Porto santo. Ce lieu est très prisé des équipages nordiques, Suédois, Norvégiens, Danois et saxons, Allemand et Néerlandais… Par contre, on entend parler Français partout, mais en dehors d’un drapeau belge, je n’ai pas vu un seul pavillon francophone en dehors du nôtre ! Mystère non résolu à ce jour !

Nous louons une voiture pour deux jours afin de visiter l’île. Ce n’est pas si grand que cela, une journée aurait suffi mais, au moment où nous avons réservé la voiture, nous pensions avoir à courir partout pour trouver des pièces pour le moteur d’annexe. Du coup, nous avons pris notre temps et fait de grandes courses.  La visite de l’île se résume à naviguer de points de vue « Miradouro » en sommets « Pico » qui dévoilent des sites remarquables avec des vues magnifiques sur l’océan et les îles alentour. Nous admirons également les belles concrétions géologiques présentes partout : le grès creusé par l’érosion de la Fonte des Areia ; les colonnes de basaltes un peu partout ou les plissements du Pico de Anna Ferreira ou la belle falaise de la Ponta de Canaveira qui présente un assortiment de minéraux incroyable…

La Marina jouxte la belle plage de l’île, ce qui me permet de profiter d’une bonne baignade tous les jours avant de passer à la douche, puis de prendre une bière ou un verre de Madère au bar. Philippe n’est pas en forme, il endure un bon rhume et la baignade ne le tente pas, mais je vous rassure il est présent au bar !

Notre escale Porto Santo se termine, cette île nous plait infiniment pour son authenticité, son calme et sa simplicité.