Le 2 février, après une escale amicale en région parisienne et 18 heures de voyage, nous débarquons en fin d’après-midi à Guatemala City. Nous avions réservé par internet un transfert en voiture vers Antigua située à 1 heure et demi de route, et notre charmant chauffeur nous attend à la sortie. Premier contre temps, un de nos sac s’est perdu en route ! Quelques inquiétudes de courte durée, il nous sera livré la nuit suivante à notre hôtel. Notre découverte du Guatemala peut commencer !
La ville d’Antigua ancienne capitale du pays est une petite ville aux réseaux de rues pavées perpendiculaires et au caractère fortement hispanique. En une journée on en fait facilement le tour. Nous commençons par déambuler dans le marché où se mêlent des étals de fruits, légumes, boucherie, genre de quincaillerie où l’on trouve de tout, produits de toilette, et évidement étoffes locales et autres vêtements ou babioles pour touristes. Au centre de la ville se trouve un grand parc au centre d’un place bordée de bâtiments administratifs et d’arcades, qui abritent quelques cafés et magasins. De nombreuses églises et anciens couvents sont répartis un peu partout dans la ville, très souvent dans un piteux état car détruits par les éruptions volcaniques ou séismes récurrents. C’est d’ailleurs pour cette raison que la capitale a été déplacée au 18eme siècle. Certaines églises comme la Cathédrale St Joseph ou l’Eglise de la Merced ont été restaurées dans leur style fortement baroque. Depuis les toits de l’ancien couvent qui jouxte l’Eglise on peut admirer la ville et les volcans qui l’entourent ; l’un d’eux crachote encore un peu ce matin signe de cette forte activité sismique.








Notre hôtel contient un joli jardin en pleine ville avec une belle végétation exotique. Mais il faut se couvrir, le pays subit une vague de froid inattendue conséquence de la descente d’air polaire qui touche l’Amérique du Nord ce début février. Bon, cela n’a rien à voir avec ce que subit New York, il fait 10°C la nuit et maximum 20 à 25°C la journée ; soit 10° de moins que d’habitude.




Le 4 février nous redécouvrons les transports guatémaltèques. Nous réservons un « shuttle » pour Panajachel, ville touristique située au bord du beau lac Attitlan. Par « shuttle » on entend un système de transport réservé aux touristes, un peu plus confortable et normalement rapide que les bus locaux. Les bus locaux sont voisins des bus américains de transports scolaires, peints de couleurs vives et voyantes. Les « shuttles » sont des bus de tailles variables et plus confortables, et plus ou moins à l’heure. Il faut dire que tous les transports se font par la route, sur un réseau plus que vétuste et dans un pays montagneux. Les routes sont très encombrées d’énormes camions à l’américaine, de voitures, de bus, de motos… En l’occurrence le bus que nous empruntons cette fois ci est un van d’une dizaine de places où nous nous entassons tant bien que mal, les bagages sont ligotés sur le toit, et le chauffeur conduit à fond doublant n’importe où, à la mode locale. Nous sommes bien aise d’aborder la descente sur le lac Atitlan en fin d’après-midi. Heureusement ce van sera le pire des transports que nous allons emprunter.







Nous sommes récompensés de ces quatre heures un peu olé olé. Notre hôtel est situé dans un endroit calme. La ville, pas très grande, est certes très touristique ; elle s’étale autour d’une grande rue principale bordée de restaurants de bars et d’échoppes touristiques, et débouche sur une plage où l’on descend le soir, observer le coucher de soleil derrière les volcans qui entourent le lac.


Nous passons trois nuits à Panajachel. Le premier jour nous reprenons un bus qui nous amène le matin au marché de Chichicastenango, réputé pour ses couleurs. Nous sommes un peu déçus, le marché s’étend dans un village qui n’a rien de charmant si tant est que les villages soient charmants ici ! Il est très étendu et n’attend que les touristes. Hormis une petite place avec des peintures murales et des jeux pour les enfants aux couleurs locales, le site ne présente pas vraiment d’intérêt. Certes les couleurs des étoffes et des vêtements sont belles comme partout ici, mais nous regrettons un peu d’avoir fait trois heures de bus pour cela. Heureusement le jardin calme de l’hôtel et la jolie plage de Panajachel nous permettent de nous reposer un peu.




Le lendemain nous partons en excursion sur le lac. Nous empruntons une lancha (barque locale) avec une guide et trois autres touristes. La guide d’origine Maya nous montre les jolis villages mayas de San Juan et San Pedro de la Laguna, et Santiago et qui sont accrochés au bord du lac et dont l’accès est plus facile par l’eau que par la route. Nous visitons une fabrique de chocolat, une unité de production de miel où nous sommes étonnés par la forme minuscule des abeilles et nous assistons à une démonstration de transformation artisanale de fleurs de coton en tissus colorés naturellement, spécialité du pays. Nous assistons au départ d’une course de moto. Nous empruntons un tuk-tuk, autre moyen de transport local pour monter sur les hauteurs admirer un joli point de vue sur le lac.






Et arrive le 7 février, jour de retour à Rio Dulce où se trouve notre Free Vikings, situé à 400 km de là. Notre voyage dure 14 heures via Guatemala city ; nous prenons trois bus heureusement plutôt confortables. Nous arrivons à la nuit tombée à Rio Dulce où nous partageons un taxi pour rejoindre Ram-Marina avec un gars qui rejoint également son bateau. Philippe M. qui arrive avec le même bus que nous est un français haut en couleurs, vivant à Vancouver qui récupère également son bateau pour le convoyer dans les Caraïbes.
Nous retrouvons notre Free Vikings tout brillant, propre, fraichement repeint. Nous sommes agréablement surpris de trouver l’intérieur dépoussiéré, nos affaires et housses de coussins lessivées, soigneusement pliées. Ricardo, qui a pris soin de notre bateau pendant notre absence est une vraie perle ! Du coup nous ne dormons que trois nuits dans la chambre que nous avions réservée, persuadés que nous étions de trouver notre bateau très sale. Nous retrouvons avec bonheur nos couchettes confortables. Nous passons quatre jours à remettre en place tous les cordages, replacer les derniers équipements qui avaient été démontés, chercher une pièce du pilote automatique heureusement retrouvée au fond d’un coffre, réparer quelques incidents de vieillerie comme les axes de fermetures des hublots… Nos soirées et repas, pris au snack de la marina ou dans les restaurants du coin sont très sympathiques. Nous passons quelques bons moments avec Philippe et son équipier Guy, ou avec Edouard, sa femme Christine et son équipage. Nous prenons des lanchas pour aller diner dans de sympathiques restaurants enfoncés dans la jungle, accessibles par le Rio. Nous avions déjà rencontré Edouard en avril dernier lors de notre arrivée et sommes heureux de le retrouver ayant gardé un très bon souvenir. Ils vont suivre la même route que nous jusqu’en Bretagne à bord de leur beau voilier « Belle Aventure » et nous espérons bien nous retrouver en chemin.







Nous planifions avec le personnel de la Marina la date du carénage, et de la remise à l’eau. Tellement enthousiasmés par l’aspect tout neuf de notre bateau, nous leur demandons de nettoyer la coque un peu grisouille.
Et le 16 février nous partons dans la matinée avec notre sac sous le bras prendre un nouveau bus pour nous rendre dans le Nord du pays. Nous arrivons à Florès, 200 km plus loin au coucher du soleil avec deux heures de retard et après 5 heures de bus ; il faut rester cool d’autant plus que les paysages traversés sont magnifiques ! Florès est située dans le Petén, région privilégiée du Guatemala car riche en sites archéologiques et en parcs naturels protégés. Elle se trouve au bord du lac Petén Itza, et la vieille ville touristique dans laquelle nous logeons est une petite ile que nous rejoignons par un pont. L’entrée est gardée par des militaires. Ils ne sont jamais très loin au Guatemala.
On ne se sent pas du tout en insécurité mais ils nous rappellent que le pays est gangréné par les gangs mafieux de trafics divers et variés notamment de drogue, et par une grande corruption. La population est pour 40 % d’origine Maya, le reste principalement hispanique descendants des conquistadors, auxquels on ajoute une minorité d’origine africaine caraïbe concentrée sur le côté atlantique. Les gens sont gentils, serviables et souriants.


L’Isla de Florés n’est pas très grande, les rues pavées étroites tournent autour de l’île au centre de laquelle trône une belle église catholique. Les hôtels jouxtent les boutiques de souvenirs et les restaurants, tous avec une belle terrasse les pieds dans l’eau. Les pied parfois vraiment dans l’eau, car elle est haute de 3 mètres au-dessus de son niveau « normal ». Ce lac n’est relié à aucun cours d’eau avalant et donc ne se vide pas ; et si les pluies sont trop importantes en été, le niveau monte ! Les petites rues colorées et fleuries sont très agréables à parcourir et même s’il fait chaud (Eh oui les températures ont monté et sont revenues à la normale), on trouve vite une terrasse au bord de l’eau avec un coulis d’air. La terrasse de notre hôtel est également bien agréable et nous y passons de bons moments.



Un départ en bus à 6 heures du matin de Florès nous mène en 1h30 à Tikal. Ce grand site archéologique Maya se situe en pleine forêt tropicale au milieu d’une jungle préservées et peuplées d’animaux sauvages. Les visites matinales sont préférables pour avoir la chance d’apercevoir des animaux : singes hurleurs, singes araignée, toucans, aras, cougars, jaguars, serpents divers et variés, tarentules… Notre guide très sympathique connait aussi bien la nature que l’histoire de ses ancêtres mayas. Il nous permet d’apercevoir des singes, des oiseaux de toutes sortes. Nous n’aurons pas la chance de voir de félins, ni de serpents (ces derniers ne me manqueront pas !). Nous parcourons pendant quatre heures le site très étendu, nous grimpons en haut de certains temples observer la canopée. Notre guide nous explique la disposition des temples guidée par la hiérarchie et les besoins de la religion ainsi que leur implantation étudiée par rapport au soleil, qui montre les connaissances avancées en astronomie de ces civilisations vieilles de plus de 2000 ans. Nous apprenons avec surprise que cette civilisation s’est éteinte d’elle-même, rongée par les guerres internes et l’extinction des familles royales. Les conquistadors n’y sont pour rien dans ce cas !
Nous passons une journée à farnienter sur l’île, à parcourir les boutiques de souvenirs et nous faisons une promenade sur le lac en lancha avec un conducteur bien sympathique d’origine hispanique celui-ci, qui baragouine un peu en anglais et nous montre son village et les habitations souvent touristiques situées en bord du lac, dans une ambiance bien bucolique.
Nous en finissons avec plaisir avec les trajets en bus et retrouvons Free Vikings à Rio Dulce le 19 février. Nos copains sont partis, nous finissons les préparatifs sont un soleil de plomb, il fait 40° l’après-midi sur le tarmac en ciment sur lequel est posé le bateau. Free Vikings a droit à deux couches d’antifouling, une bande déco sur sa coque toute neuve et sera remis à l’eau le 23 février. Nous faisons encore une belle rencontre en la personne de Donia, une baroudeuse d‘origine bretonne, qui passe son temps à voyager et ne pose son sac que pour travailler un peu pour mieux repartir. Le séjour sur le Rio Dulce est plutôt agréable. Le fleuve permet d’accéder aux restaurants, aux magasins, la ville se trouvant sur la rive opposée à la marina. Dès que nous gonflons l’annexe les choses sont bien simplifiée, un petit canal accède directement au supermarché et nous permet de faire un avitaillement complet.












































